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Les antidépresseurs récents globalement inefficaces, selon une étude britannique

Est-ce que le Prozac et les antidépresseurs sont inefficaces ? C'est en tout cas ce que laissent entendre des chercheurs anglais.

                                                             Prozac, Effexor et Deroxat

Ceux-ci ont passé au crible 45 études, publiées ou non, sur l'utilisation des antidépresseurs de la classe des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, famille à laquelle appartiennent le Prozac, l'Effexor ou le Deroxat.

Leurs conclusions sont plutôt négatives sur ces médicaments : sur les dépressions légères, les antidépresseurs n'auraient pas plus d'effets que les placebos. Leur seule efficacité avérée serait dans le cadre de dépressions sévères. Et encore, les auteurs nuancent ce bénéfice : selon eux, les antidépresseurs ne sont pas réellement plus efficaces dans ce dernier cas, ce serait simplement l'effet placebo qui serait moins fort lorsque le syndrome dépressif est grave.

Des résultats plutôt surprenants qui sont à prendre toutefois avec du recul. Car plusieurs spécialistes soulignent les biais et les amalgames de cette étude.

Néanmoins, il est effectivement inutile de prescrire les antidépresseurs lors de déprimes passagères liées à un divorce, un deuil. Mieux vaut privilégier des solutions douces, et une psychothérapie. Mais en cas de véritable dépression, les antidépresseurs restent incontournables, à condition d'être accompagnés là encore d'une prise en charge psychologique adaptée.

Avec le recul, cet article peut avoir l'effet d'une bombe pour les personnes effectivement atteintes d'une dépression...Comment  réagir, quand on apprend dans les journaux que le traitement que l'on suit depuis plusieurs mois n'est qu'en faite qu'un placebo??? Ca n'aurai pas comme effet une recrudescence des signes cliques de la dépression, pouvant aller, à l'extrême, au passage à l'acte...

Reaction!!! 

On a pu lire dans "Libération": 
 
Les patients qui prennent des antidépresseurs comme le Prozac - 40 millions de personnes dans le monde - ou le Deroxat pourraient tout aussi bien boire de l’eau. C’est en substance ce qu’ont affirmé lundi des scientifiques de l’université anglaise de Hull. Selon leurs recherches, seuls les malades très gravement atteints par la dépression voient leur situation s’améliorer grâce à ces médicaments. Mais dans la majorité des cas, les antidépresseurs n’ont pas plus d’effet qu’un placebo.

«La différence d’amélioration entre les patients prenant des placebos et ceux prenant des antidépresseurs n’est pas très importante. Cela signifie que les personnes souffrant de dépression peuvent aller mieux sans traitement chimique», a expliqué le professeur Irving Kirsch du département de psychologie de l’université de Hull. Le chercheur fait partie du groupe d’experts qui a analysé les données publiées et non publiées - mais mises à disposition des organismes de certification britannique et américain - concernant 47 essais cliniques d’inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), les antidépresseurs de nouvelle génération.


Prozac, Efexor et Deroxat

Il s’agit notamment des antidépresseurs les plus prescrits, comme la fluoxétine (Prozac), la venlafaxine (Efexor) et la paroxétine (Deroxat). Selon l’étude publiée dans la revue spécialisée PLoS-médecine (bibliothèque publique de science), les ISRS n’ont pas plus d’effet que des placebos pour les personnes souffrant d’une dépression légère et pour la plupart de celles souffrant de grave dépression. En ce qui concerne les dépressions très graves, la différence est davantage liée à une moindre réaction des patients au placebo qu’à une réaction positive aux antidépresseurs, selon cette étude.

Et Irving Kirsch de tirer la conclusion suivante: «Etant donné ces résultats, il semble qu’il y ait peu de justification à la prescription de traitements antidépresseurs à part pour les personnes souffrant de très grave dépression, sauf si les traitements alternatifs n’ont pas permis d’amélioration».

Une porte-parole du laboratoire GlaxoSmithKline, qui fabrique le Deroxat a, elle, affirmé que «les auteurs ont omis de reconnaître les bénéfices de ces traitements pour les patients et leurs familles qui font face à la dépression», estimant que «ces scientifiques sont en désaccord avec ce qui a été observé dans la pratique clinique réelle». Le laboratoire estime que «cette analyse a examiné seulement un échantillon de toutes les données disponibles, tandis que des organismes du monde entier ont conduit des recherches extensives et des évaluations sur toutes les données».

En revanche, le porte-parole de Wyeth, fabriquant de l’Efexor, n’a, lui, pas souhaité faire de déclarations.

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